Quand on en arrive là on tient le bon bout (bon d'accord il reste encore la pose de l'écran sous toiture, des liteaux et surtout des tuiles mais après trois mois de travail sur cette partie ça fait du bien de voir enfin la couverture prendre forme. A l'origine on a quand même fait tout ça "juste" pour réparer la toiture)

Une fois n'est pas coutume, je vais un peu rentrer dans les détails de la réalisation. En effet, j'ai appliqué un traitement particulier du débord de toiture par rapport à ce qui se semble se faire habituellement. Le problème de base est lié à la pose d'un écran sous toiture (HPV = Haute Perméabilité à la Vapeur pour éviter le risque de condensation sous l'écran) sans que celui-ci ne soit visible (et exposé) au niveau du débord de toiture et sans pour autant modifier l'aspect de celui-ci (ce n'est pas prévu dans le permis de construire et nous voudrions rester dans le style régional)
Pour ce faire, la solution la plus simple est de fixer quelques lames de volige ou de frisette sur la face supérieur des chevrons avant de dérouler l'écran et de placer les contre-lattes. C'est plus ou moins ce que montre ce croquis du CSTB
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Cette solution sans doute très bien pour de la tuile mécanique grand moule ne me semble pas applicable à de la petit tuile plate, il me semble que ça risque d'induire une cassure dans le bas de pente. Pour éviter ça on peut naturellement utiliser un contre-lattage moins épais sur la partie voligée mais ça demande de jongler entre les différentes épaisseurs de liteaux disponible dans le commerce pour trouver la bonne combinaison. Ensuite il faut parfaitement tendre l'écran sous toiture pour éviter qu'une poche d'eau ne puisse se former en haut de la volige. On peut aussi naturellement recouvrir tout le rampant de volige... c'est hors budget pour nous.

La solution que j'ai choisie consiste à désépaissir la partie des chevrons destinée à être recouverte de volige. C'est particulier, et les couvreurs professionnels y trouveraient sans doute pas mal à redire. L’inconvénient majeur de cette solution c'est que ça demande beaucoup de travail. Mais puisqu'il fait nuit tôt autant mettre à profit les longues soirée d'hiver pour préparer tranquillement les pièces de bois à l'atelier.
Première étape : Faire à la défonceuse une rainure de l’épaisseur de la volige. J'ai choisi une fraise ronde pour éviter de créer une amorce de rupture à cet endroit (même si j'ai un doute sur l'utilité d'une telle précaution pour un matériau anisotrope tel que le bois...)
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Ensuite un simple trait de scie circulaire avec un guide réglé sur l’épaisseur à supprimer fait le gros du travail. Un éventuel coup de râpe pour la finition et on passe au chevron suivant. Courage il n'en reste plus que 26 à faire.
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Simulation du résultat final avec une chute de volige. On profite d'être là pour passer 2 couches de lasure haute résistance afin de protéger correctement l’extrémité du chevron qui sera à l’extérieur et donc potentiellement exposé aux intempéries. (c'est plus facile à faire à l'atelier sur des tréteaux qu'en haut d'une échelle par dessous)
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Une fois tous les chevrons et la volige du débord de toit posés, on bâche vite car la météo annonce de la pluie.
On a aussi installé le volet du haut de la porte du box afin de s'assurer que celui-ci passe sous les chevrons. Ce serait bête de ne pas pouvoir l'ouvrir ! (Vu le poids qu'il fait il est bien là, inutile de s'amuser à le monter et démonter sans arrêt)
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