Comme certains de nos "collègues" autorenovateurs nous sommes aussi très occupés par nos travaux de toiture, raison du manque de suivit dans les articles actuellement.
Je vais aborder aujourd'hui la mise en place des fameuses poutres en I. Ce chantier (entre autres) m'occupe depuis la première quinzaine de juillet et me prendra encore bien 2 semaines. Depuis tout ce temps je n'ai bien sûr pas fait que ça puisque sur une partie de la toiture les tuiles ont commencées à retrouver leur place. Cependant c'est long, très long. Bref, pour résumer les poutres en I c'est long...

Nous avions vu dans de précédents articles les travaux préparatoires nécessaire à leur installation. D'abord la mise en place de la panne faitière puis le coulage des arases en béton.
Sur ces arases nous avons commencé par fixer deux pièces de bois servant à la fixation basse des poutres en I. Un chevron légèrement délardé côté extérieur et une solivette (planche d’épaisseur 32mm) côté intérieur. Elles sont fixés dans le béton à l'aide de goujons type "spit-fix"
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On peut alors procéder réellement à la mise en place des poutres. Pour ce faire, il faut les recouper à la bonne longueur et avec le bon angle afin qu'elles s'encastrent parfaitement entre la panne faitière et la panne sablière. Ce n'est pas compliqué, ça demande juste un peu de rigueur.
Une fois la poutre en place, il faut procéder à sa fixation et c'est là que ça prend du temps. En effet, de par sa structure particulière, une poutre en I n'est pas en mesure de supporter une charge importante en ses points d'appuis. Il faut donc renforcer ces points d'appuis à l'aide de pièces de bois appelées "renfort d'âme" qui, comme son nom l'indique, viennent prendre place de part et d'autre de l'âme de la poutre, entre chaque membrures, afin de consolider la poutre. Ces renforts d'âme sont ensuite collés et cloués.

La fixation basse ne présente pas de particularité. Son but est uniquement d'empêcher la poutre de basculer sous la charge et ne devra théoriquement pas supporter les efforts de toiture. Une simple vis dans le chevron faisant office de panne sablière et une équerre sur la solivette sont suffisantes.
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La fixation haute est un peu plus technique. Car en plus de devoir là aussi empêcher le basculement de la poutre, il faut reprendre une grande partie des efforts de toiture. Le but, c'est que la majorité des efforts s'annulent ici dans le triangle des forces qui en découlent. Le bas de la poutre en I est fixé sur la panne faitière avec un sabot de charpente légèrement modifié. Après de longues recherche sur le net, je n'ai trouvé aucun vendeur capable de me fournir des sabots réglables adaptés à mes poutres. J'ai donc simplement acheté les sabots de largeur adaptée les plus haut possible et fait deux découpe afin de pouvoir en plier une partie selon l'angle du toit.
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Le haut des poutres sont relié 2 à 2 par un morceau de feuillard galvanisé de part et d'autre des membrures afin que les effort longitudinaux s'annulent mutuellement.
Un espace est laissé au faîte des membrures afin de pouvoir y caler une planche qui servira à fixer les tuiles faitière.

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Finalement, des planches visées de part et d'autre des membrures relient les poutres entres elle 2 à 2 afin de former une sorte d'entraits retroussés dans le but là aussi d'annuler les efforts longitudinaux (ceux qui auront tendance à écarter les murs)
Ainsi chaque ensembles de 2 poutres + planches forment un triangle qui à pour but d'annuler toutes les forces parasites afin qu'il ne s'exerce sur les murs et sur la panne faitière que des efforts verticaux.
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Voilà, tout ceci me prend entre 1h30 et 2h par poutre, j'ai ai 46 à poser (soit environ 80 heures de travail) et à l'heure où j'écris ces lignes il m'en reste encore 11 à poser. D'ailleurs j'y retourne...